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Sergio Larrain / Théodore Vogel

Sergio Larrain
Valparaiso

Théodore Vogel
La côte des ancêtres, Pérou

du 27 septembre au 17 novembre 2002

« C’est à Valparaiso que j’ai commencé à photographier, arpentant les collines nuit et jour. Les petites filles descendant l’escalier fut la première photographie magique qui se présenta. Une bonne image naît d’un état de grâce. La grâce se manifeste lorsqu’on est délivré des conventions, libre comme un enfant dans sa première découverte de la réalité.
Le jeu est alors d’organiser le rectangle ».
Sergio Larrain

Immense désert côtier en bordure du Pacifique, l’un des plus grands déserts du monde, la Côte des Ancêtres s’étire entre la frontière d’Equateur au nord et celle du Chili au sud. Soit trois mille kilomètres d’une côte en apparence désertique, mais qui cache, qui protège des vestiges innombrables, des silhouettes omniprésentes et les voix vivantes de ces ancêtres Moche, Chimu, Viru, Chincha, grands adorateurs de l’Océan et de la Lune qui en rythme les élans.
On sait l’influence de la lune sur les océans s’exerce pour un tiers sur les eaux des fonds. Au Pérou, elle draine et traîne vers la surface ces fonds de mémoire millénaire, ces ossements anciens, ce passé toujours très présent que le ressac rejette sans cesse sur les rivages.
Trois mille ans de présences jamais interrompues depuis l’arrivée de ces héros civilisateurs venus de la mer sur de frêles embarcations toujours en usage, pour fonder ici, là, partout, ces centres cérémoniels et ces fabuleuses cités de terre qui encombrent le désert, se mêlent à la vie quotidienne. En font un désert vivant.
En effet, sur cette côte nourrie de lumière et où règne le climat le plus sec du monde, il suffit de plonger ses doigts dans le sol, de soulever un coin de cet immense drap de sable pour réveiller un visage endormi, découvrir les passages intimes, les perles de turquoises et les savoirs de cette terre sacrée où se sont épanouies tant de riches civilisations et où continue de battre, le cœur du mystère.
Pour les gens d’aujourd’hui, ce passé n’est pas fermé, pas replié sur lui-même, c’est un passé tourné vers l’avenir, et qui attend son heure, tapi sous le sable. Ce sable qui, par vagues, monte à l’assaut des murs pour y caresser les traces de ces très lointains ancêtres venus de la mer, repartis par la mer, et qui ont promis de revenir.
Théodore Vogel

Sergio Larrain est représenté par l’agence Magnum Photos

 


vue de l’installation
© CAVB

 


vue de l’installation
© CAVB

 


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© CAVB