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Olivier Pasquier / Photomontages

Olivier Pasquiers
Maux d’exil

Photomontages historiques, sociaux et politiques des années vingt à aujourd’hui 

du 9 décembre au 23 janvier 2000

L’exposition d’Olivier Pasquiers s’apparente à bien des égards à la démarche des artistes adeptes du photomontage. Impliqué dans une problématique politique propre à son époque et à son pays, Olivier Pasquiers interroge le public sur l’histoire qui est en train de se dérouler, ici et maintenant. En s’engageant sur le sujet particulier des réfugiés politiques, il s’est confronté au paradoxe de photographier des hommes et des femmes obligés souvent de se cacher dans l’anonymat. Avec une grande sobriété de moyens, il a donc choisi d’assembler, avec l’esprit d’un photomonteur et une mise en œuvre contemporaine, des parcelles de corps et de témoignages mis par écrit. Les paroles ainsi recueillies et mises en scène n’ont pas nécessairement de liens avec les personnes photographiées. Mots et portraits fragmentés se croisent et se répondent, se complètent en une large fresque composite dédiée aux temps modernes, propre à nous émouvoir et à souligner la pertinence de certaines questions.

Claude Baillargeon et Stane Jagodic trouvent place très naturellement dans ce même propos. Héritiers directs des célèbres photomonteurs engagés de l’entre-deux-guerres, et plus récemment  de l’artiste Roman Cieslewicz, tous deux démontent et remontent le monde avec ironie et humour, insolence et humanisme.

Claude Baillargeon pratique un style direct, synthétique, articulé autour de quelques arguments épurés et percutants. Construites à partir de ses photographies, ses images touchent juste et fort, sortes de détonateurs, de provocations.. à la réflexion.

Artiste multiple, Stane Jagodic évolue dans les mêmes registres, usant de l’ironie et de la satire (il est le fondateur de la Triennale de la Satire et de l’Humour, ARITAS !). Mais son imaginaire vagabond et l’éclectisme de ses moyens permettent les intrusions les plus inattendues dans ses montages. Sans quitter le domaine de la réalité environnante (il a réalisé depuis 1991 un important travail sur les événements en ex-Yougoslavie), il travaille une forme expressive qui se déploie entre symbolisme et surréalisme, et utilise avec la même dextérité des éléments issus de l’histoire, de la religion et des médias contemporains.

Un hommage aux initiateurs du genre, sur le terrain social et politique, s’imposait. Les années vingt et trente sont évoquées grâce aux prêts généreux de collections particulières qui permettent de découvrir, auprès des plus connus, Heartfield, Klucis, Domela, Teige,...des artistes de grand intérêt tels Cas Oorthuys, Alex Keil et Ada Marsowsky. Annie-Laure Wanaverbecq

 


vue de l’installation : Alex Keil, photomontages originaux, ca1929
© CAVB

 


Couvertures du journal A.I.Z , photomontages de John Heartfield et de Karl Vanek, 1934 à 1935
© CAVB

 


Stane Jagodic, photomontages : “Spiritus Amen” [1985]
© CAVB