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Michel vanden Eeckhoudt / Marc Cellier

Michel Vanden Eeckhoudt
Duo

Marc Cellier
L’âge de craie

du 29 mars au 26 mai 2002

Depuis André Kertesz, nous savons combien la photographie sait explorer le quotidien pour nous dérouter, nous étonner, nous questionner.

Michel Vanden Eeckhoudt nous a prouvé à travers ses nombreux travaux qu’il a ce talent de jouer du pouvoir évocateur de la photographie pour nous emporter loin des lieux communs et du simple bavardage en images.

Il saisit les coïncidences visuelles, s’empare de petits signes apparemment inoffensifs, capte ombres et reflets, et la scène la plus banale devient cocasse, incongrue, émouvante, chargée de symboles qui s’imposent d’emblée à notre esprit. Les animaux ont été souvent son sujet de prédilection tant ils savent souligner avec la naïveté qui leur est propre les petits travers et les grands malaises d’une société. L’exposition présentée est extraite de la grande rétrospective qui lui a été consacrée en 2000 et reprend particulièrement ce thème de l’animal. Avec tendresse et amusement, son regard nous offre un miroir où se reflète une humanité pas toujours à la hauteur de ce qu’elle appelle « ses amis les bêtes ».

Autre univers familier : celui des enfants vers lequel se tourne Marc Cellier. Leur gestuelle laisse deviner des micro-événements dont nous ignorons tout, et une activité intense semble animer l’espace clos de la cour, comme un monde hors de notre monde. Pourtant, curieusement, des cadrages non conventionnels qui isolent les êtres et fragmentent l’espace, des lumières obliques, mystérieuses et intemporelles, naît l’étrange sensation d’avoir été là, d’avoir été l’acteur de ce théâtre gai et bruyant, devenu par le transfert de la photographie silencieux et nostalgique.

Ainsi se crée entre présent et passé une étrange passerelle : sans mièvrerie ni effets faciles, ces photographies éveillent notre attention et notre respect pour cet univers de l’enfance. Notre mémoire butte et se trouble, comme notre regard arrêté par le mur qui ferme ces images et, à partir de ces instants sans date ni lieu, notre pensée vagabonde vers la réminiscence d’un rêve lointain.
Annie-Laure Wanaverbecq