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Izis

Izis dans les archives de Paris-Match 1949-1969
10ème anniversaire de la Maison de la Photographie Robert Doisneau

du 24 mai au 5 août 2007

La Maison de la Photographie Robert Doisneau, inaugurée en 1996, se consacre à une photographie d’inspiration humaniste, de toute nationalité et de toute époque. Par cette approche, elle a bouleversé radicalement la définition qui en est donnée traditionnellement en France et, forte de ce principe, elle a fait découvrir de nombreux photographes et a réalisé de multiples expositions inédites.
Pour fêter ses dix années d’activité, la Maison de la Photographie Robert Doisneau propose une exposition exceptionnelle qui rend hommage à Izis, l’un des photographes les plus marquants de sa génération. Reporter atypique, poète des images, ami de Prévert et auteur de livres célèbres, Izis reste néanmoins encore peu connu. Durant cette même période où il publie ces livres remarquables, Paris des rêves (1950), Grand Bal du Printemps (1951), Charmes de Londres (1952), Paradis terrestre (1953), Israël (1955), Le monde de Chagall (1969), Izis travaille comme photographe pour l’hebdomadaire Paris Match. L’exposition rassemble des images extraites de ses reportages pour le magazine, inédites pour beaucoup d’entre elles, et offre au regard du public la partie la plus méconnue de son travail. Ce qui apparaît aussitôt est une sorte de liaison naturelle entre les deux aspects de son activité, longtemps considérés comme éloignés. Et l’on note avec plaisir qu’Izis-reporter est le même « colporteur d’images » que celui décrit par Prévert, à la fois témoin et poète. On retrouve dans ces photographies la douceur attentive de son regard et cette distance au monde qui lui est si particulière, entre respect et émotion. Son registre est celui du non-événement, et cela lui donne une place étonnante et originale dans le monde de la presse, bien avant que d’autres photographes ne suivent cette voie. En 1951, Edward Steichen le présente au MoMA de New-York dans l’exposition Cinq photographes français, entre Brassaï, Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau et Willy Ronis. Mais son parcours sera ensuite bien plus discret que celui suivi par ces derniers. Un premier hommage important lui est rendu en 1978 grâce à Jean Dieuzaide qui l’accueille à la galerie du Château d’Eau de Toulouse. Puis il est l’invité d’honneur des Rencontres d’Arles et une exposition lui est consacrée simultanément au Musée Réattu. L’exposition à laquelle nous vous convions aujourd’hui complète cette démarche de manière significative en soulignant la richesse, l’originalité et la cohérence de ce travail photographique. Elle contribue à faire connaître davantage l’homme sensible et secret qu’était Izis, et confirme sa place parmi les photographes incontournables de cette période.
Annie-Laure Wanaverbecq

 


Vue de l’exposition
© CAVB

 


Vue de l’exposition
© CAVB

 


Vue de l’exposition
© CAVB