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Hervé Gloaguen

Hervé Gloaguen
Rétrospective

du 18 mai au 23 juillet 2006

Passionné de jazz, curieux d’art contemporain, voyageur, Hervé Gloaguen est un photographe peu commun. D’une vie étonnante, où se mêlent le goût de l’aventure à de sincères aspirations humanistes, le sens de la dérision et de l’humour à la conscience précise des contradictions qui tiraillent le monde, est née sa photographie. Parfois légères et fugitives, à d’autres occasions plus réalistes, ses images semblent prendre la mesure de ce qui l’entoure tout en recherchant dans la gamme esthétique la tonalité qui s’harmonise le mieux avec le sujet. Rester attentif à la vie, sans se prendre trop au sérieux, et garder l’empreinte des humeurs, des rêves et des fantaisies qu’elle nous inspire, pourraient résumer le parcours d’Hervé Gloaguen. A la manière d’un carnet de route, ses photographies racontent son histoire, discrètement, sans en avoir vraiment l’air, car toutes restent inscrites dans la réalité et toutes parlent à chacun de nous. Sans céder aux modes ni aux tabous, Hervé Gloaguen a pu créer ainsi un univers photographique personnel et original. Convaincu très tôt par les ressources de la photographie en couleur, la pratique constante qu’il en fera pendant plus de vingt-cinq ans parallèlement à son travail en noir et blanc, révèle aujourd’hui une série singulière qui trouve un point d’orgue avec l’ensemble Rome la nuit et se prolonge dans ses essais toujours en cours sur Londres. Sensible à l’art contemporain, il va à la rencontre de ses acteurs et de ses territoires, et se laisse gagner plus ou moins consciemment par leurs inventions formelles. Conscient des autres, il photographie leur travail ou les événements de leur vie quotidienne, mais aussi leurs peines, leurs combats ou leur histoire en train de se dérouler comme ce fut le cas à Saigon. Amateur de cinéma, jouant du jazz à l'occasion avec ses amis, Hervé Gloaguen est de ces hommes inclassables, une sorte d’homme libre qui nous propose une vision du monde à travers le prisme de son univers intérieur nourri sans cesse par ses voyages et ses rencontres. Et ces paroles d’Aimée Césaire qu’il apprécie tant trouvent effectivement un bel écho dans sa photographie : « Ma poésie est née de mon action ».
Annie-Laure Wanaverbecq

 


T. Bone Walker, New York, 1965
© Hervé Gloaguen

 


Afrique du Sud, 1985
© Hervé Gloaguen

 


New York, 1967
© Hervé Gloaguen