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Eric Devisscher / Jean-Luc Olezak

Eric Devisscher
Istanbul

Jean-Luc Olezak
Flâneries

du 27 novembre au 15 février 2004

Flâner, l’esprit libre et disponible à toute sensation, cela est sans doute l’une des dispositions auxquelles se prêtent le plus volontiers Eric Devisscher et Jean-Luc Olezak. Etre attentif à tout sans préjuger de rien, ni du sens de ce que l’on voit, ni de la nécessité de s’en saisir : cela peut être aussi une belle définition pour photographier. C’est sans doute celle qui convient le mieux à ces deux photographes qui offrent de la réalité des images tantôt poétiques, parfois  inattendues ou émouvantes, toujours empreintes d’humanisme. De simples objets ou quelques signes fugitifs comme des ombres suffisent à nous rappeler la présence humaine. Et c’est aussi cette attention discrète qu’ils portent l’un et l’autre, chacun à leur manière, au monde environnant qui contribue au charme de leurs images.

Inspirées par les grands maîtres de la photographie humaniste, Boubat, Ronis, Doisneau, Riboud, les photographies de Jean-Luc Olezak se différencient nettement de celles plus contrastées d’Eric Devisscher, où la rigueur et le mouvement rappellent le style des reporters actuels. Mais au-delà des choix esthétiques, la démarche reste semblable : laisser venir à soi les instants, jouer avec le hasard.

Une autre complicité invisible les rapproche également car ils entretiennent tous deux des relations personnelles et profondes avec un autre pays que leur pays natal. Jean-Luc Olezak retrouve en Pologne la terre de ses grands-parents, et la Turquie est devenue pour Eric Devisscher une seconde patrie d’adoption, une patrie « de cœur ». Et de ces choix intimes, de ces élans inconscients et volontaires à la fois, surgit l’un des plus beaux usages de la photographie : se tourner vers l’autre pour mieux se connaître soi-même.
Annie-Laure Wanaverbecq