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Claudia Andujar

Claudia Andujar
Brésil, symphonie humaine

du 14 mai au 2 août 2009

Née en 1931 en Suisse, Claudia Andujar passe son enfance en Transylvanie, Hongrie et Roumanie, puis devient réfugiée après la 2nde guerre mondiale. En 1946, elle part à New York rejoindre un oncle, seul survivant avec elle de toute la branche familiale paternelle. Puis, en 1955, elle retrouve sa mère à São Paulo, décide de rester au Brésil. Dès 1958, elle publie des essais photographiques pour les magazines américains tels que Life, Look, Fortune, Jubilee, Aperture. Passionnée par une population accueillante et d’une grande hétérogénéité culturelle, elle parcourt toutes les régions du Brésil pour connaître le pays et constituer un répertoire photographique des diversités culturelles et sociales. Inédites pour la plupart, ces photographies constituent la première partie de cette exposition. Entre 1965 et 1971, elle effectue 32 reportages, en free-lance, pour la revue brésilienne Realidade. En 1971, ce magazine prépare une édition spéciale sur l’Amazonie mais il n’est pas prévu d’y montrer les Indiens, tant les préjugés à leur encontre sont forts et le gouvernement leur est défavorable. La photographe insiste pour faire un reportage sur une peuplade de la forêt amazonienne. C’est sa rencontre avec les Indiens Yanomami (signifiant “Êtres humains”). Ses images révèlent une grande beauté et une certaine sensualité. La rédaction décide de publier l’essai parmi d’autres liés à l’ouverture des grandes routes et au développement de l’Amazonie. Pour Claudia Andujar, cette rencontre décisive avec les Yanomami va la lier profondément à eux et elle leur consacrera désormais presque trente années de sa vie. Elle abandonne sa carrière de reporter et poursuit ses voyages chez les Yanomami grâce à deux bourses de la Fondation Guggenheim et une bourse du FAPESP (Institut pour le Progrès de la Science) du Brésil. Elle vit auprès d’eux, parfois durant de longues périodes, observe leurs rites et leurs coutumes, s’imprègne de leur culture. Le cadre lui-même, souvent baigné d’une faible lumière, lui inspire une esthétique originale qui traduit sa longue observation de leur vie et du chamanisme, expression essentielle de leur culture. De plus, en 1978, elle affirme son engagement en participant à la fondation de la CCPY (Comissão pela Criação do Parque Yanomami)et coordonne le projet de démarcation de leurs terres. Au prix de grandes difficultés et d’un combat acharné, Claudia Andujar va défendre la cause des 12 000 Yanomami du Brésil (25 000 Yanomami vivent entre le Brésil et le Vénezuela : la CCPY concernait uniquement les Yanomami du Brésil) dont l’existence et le territoire sont sans cesse menacés. Au Brésil en 1993, le décret de démarcation va définir leur territoire et, en 2004, l’ONG Hutukara est fondée par les Yanomami. La défense de leur vie, de leur culture et de leurs terres sont parmi les avancées auxquelles Claudia Andujar et ses compagnons ont fortement contribué. Pour la première fois en France, une grande exposition monographique est consacrée à cette personnalité hors du commun, femme d’une grande humanité et auteur d’une œuvre photographique authentique.
Annie-Laure Wanaverbecq

Exposition réalisée avec l’aimable autorisation de la galerie Vermelho, São Paulo, Brésil

 


Jeune femme, village de Wakatha-ú, 1974
Extrait de la série Yanomami, Identité
© Claudia Andujar

 


Fillette dans la rivière. Rio Catrimani, village de Wakatha-ú, 1974
Extrait de la série Yanomami
© Claudia Andujar

 


Premières transes d’un jeune garçon, village de Wakatha-ú, 1974
Extrait de la série Yanomami, Reahu
© Claudia Andujar