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Antoine Agoudjian

Antoine Agoudjian
Empreintes, les Arméniens, photographies 1989-2005

du 19 janvier au 19 mars 2006

Invité, en 1996, dans la grande exposition collective inaugurale de la Maison Robert Doisneau, Est-ce ainsi que les hommes vivent…, Antoine Agoudjian est à nouveau présenté dans ce lieu qui lui consacre cette fois exclusivement son espace. En effet, l’important témoignage photographique qu’il a réalisé pendant plus de quinze ans sur les Arméniens au Caucase et au Moyen-Orient constitue aujourd’hui une exposition exceptionnelle, dont l’ampleur et la gravité du sujet méritaient cet hommage.
Inévitablement, cet émouvant reportage éveille dans notre mémoire le souvenir d’un peuple martyrisé, victime du premier génocide du XXème siècle. L’évocation de l’histoire éclaire ces images et invite à une réflexion sur l’actualité de la diaspora et de l’Arménie. A la fois chargées du passé et ouvertes vers l’avenir, ces photographies présentent un troublant mélange de tristesse et d’espoir. Concerné par cette cause, Antoine Agoudjian rend aujourd’hui à ce peuple épars dans  le monde une forme de visibilité, et donc de reconnaissance, mission complexe qu’il a menée avec passion et intelligence. Aucune charge pathétique ne vient forcer le regard, mais au contraire le spectateur ressent cette juste tension qui peut s’établir entre le poids de la mémoire et l’énergie du présent.
Les premiers mots de Gérard Guégan, dans sa préface de Rêves fragiles – Arménie* (Antoine Agoudjian, Rêves Fragiles – Arménie.  Texte de Gérard Guégan, éditions Actes Sud, 1999), expriment ainsi cette même sensation d’un difficile équilibre : « On se tromperait en s’étonnant qu’il manque à ces photos la couleur. L’Arménie – et je sais de quoi je parle, mon cœur s’émeut encore des épouvantables récits de ma mère – ne se laisse entrapercevoir qu’entre le noir et le blanc. Qu’entre les aveugles ténèbres, dans lesquelles un peuple tout entier a failli disparaître, et la page vierge, celle-là même qui sollicite, au lendemain des tueries, les rêves fragiles des survivants. » Cette posture demeure sans doute la seule possible à tous ceux qui ont à cœur de combattre sans répit et pour l’avenir toute résurgence d’injustice et de cruauté.
Annie-Laure Wanaverbecq

 


Vue de l’installation
© CAVB

 


Vue de l’installation
© CAVB

 


Vue de l’installation
© CAVB